Les marchés de prédiction ne sont pas sans risque. De quoi s’agit-il exactement? Et que faut-il comprendre avant de s’y aventurer?
Qu’est-ce qu’un marché de prédiction?
Un marché de prédiction est une plateforme où sont achetés et vendus certains types de contrats, appelés « contrats événementiels » parce qu’ils sont basés sur le résultat d’événements futurs. Ces contrats prennent le plus souvent la forme de questions offrant deux choix de réponse, soit « oui » ou « non ». Une fois l’issue de l’événement déterminée, la personne qui a acheté un contrat reçoit un montant d’argent prédéterminé ou perd la somme qu’elle avait payée, selon le choix (oui ou non) qu’elle a fait au préalable.
Les contrats événementiels sont liés à des événements que l’on peut classer en différentes catégories, comme le sport, le divertissement, l’économie, la finance, l’environnement, ou encore la politique ou la géopolitique.
Par exemple, un contrat événementiel pourrait porter sur la question de savoir si la Banque du Canada, lors de sa prochaine annonce relative au taux directeur, décidera d’augmenter celui-ci.
Aspect légal
Certains contrats événementiels peuvent être considérés comme des instruments dérivés, un type de produit financier. Il est toutefois important de noter que conformément à une annonce faite par l’ensemble des autorités provinciales et territoriales en valeurs mobilières, l’AMF n’encadre pas les contrats événementiels liés au sport ou au divertissement comme des instruments dérivés, ni à quelque autre titre que ce soit.
Par ailleurs, aucun marché de prédiction n’est autorisé à exercer des activités au Québec ou ailleurs au Canada. Toutefois, certains courtiers canadiens ont été autorisés à faciliter l’accès à une gamme limitée de contrats événementiels offerts sur des marchés de prédiction réglementés à l’étranger, soit ceux qui sont fondés sur des événements économiques, financiers ou environnementaux. Il est donc possible de passer par ces courtiers pour acheter ou vendre de tels contrats événementiels.
Risques
Même si l’offre de certains contrats événementiels par des courtiers canadiens dûment autorisés est permise sous réserve de plusieurs conditions, ces produits comportent des risques substantiels dont il faut tenir compte. Ces risques comprennent les suivants :
Marchés volatils et spéculatifs
- La simplicité des contrats événementiels proposés sur les marchés de prédiction, qui repose sur une question de type « oui ou non », se traduit par un résultat tout aussi simple à l’échéance, mais qui présente des risques : soit un gain est réalisé, soit la somme payée pour acheter le contrat est perdue en totalité.
- Ce sont des marchés très volatils et spéculatifs. Le prix des contrats peut varier rapidement en fonction de nouvelles informations, rumeurs ou événements imprévus. C’est donc très risqué.
- Ces marchés pourraient envoyer des signaux qui influencent le cours des événements, par exemple favoriser la diffusion de rumeurs qui affectent le prix de l’action d’une société.
Petit nombre de gagnants
- Les marchés de prédiction exigent beaucoup d’expertise, d’analyse et de suivis, mais aussi beaucoup de chance. Selon une étude, un petit nombre d’utilisateurs récolteraient une grande partie des gains, tandis que la majorité des autres subiraient des pertes.
Risque de liquidité
- Le volume d’achat et de vente de certains contrats événementiels est parfois très limité. Il est donc possible qu’une personne tentant de se départir d’un bloc de contrats qu’elle a précédemment achetés entraîne l’ensemble du marché sur ces contrats à la baisse, et doive encaisser des pertes substantielles une fois qu’elle parvient à les revendre.
Ambiguïté des contrats
- La description ou la définition de l’événement faisant l’objet du contrat est parfois sujette à interprétation, de sorte que la détermination du résultat du contrat peut entraîner une contestation dont l’issue est incertaine.
Technologie complexe
- Plusieurs plateformes reposent sur la chaîne de blocs. Cela implique des risques liés aux portefeuilles numériques, aux erreurs de manipulation ou aux cyberattaques.