Une fraude liée à l’identité, parfois appelée « spoofing », est un type de fraude complexe où l’imposteur prétend être quelqu’un d’autre, par exemple un « conseiller financier », dans le but d’obtenir vos renseignements personnels ou votre argent.

Comprendre la fraude liée à l’identité

Bien que le vol d’identité et la fraude liée à l’identité soient des termes similaires, leurs objectifs et mécanismes diffèrent. Le vol d’identité consiste à usurper l’identité d’une personne pour commettre des actes criminels ou obtenir des avantages financiers. En revanche, la fraude liée à l’identité implique l’utilisation frauduleuse des données personnelles d’une personne dans le but de tromper une ou plusieurs autres victimes.

Dans ce genre de fraude, le fraudeur tente par tous les moyens de gagner votre confiance et peut même jusqu’à utiliser des informations publiques de l’AMF, comme des numéros de certificats de représentants inscrits au Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer. Quelques précautions peuvent cependant vous éviter de tomber dans le piège.

Les signes qui devraient vous alerter

Reconnaître une tentative de fraude peut être difficile. Cependant, certaines sollicitations devraient vous alerter. Vous pourriez recevoir :

  • des texto ou des courriels non sollicités;
  • des lettres qui vous paraissent officielles vous réclamant des dettes qui vous sont inconnues;
  • des appels ou sollicitations financières douteuses de soi-disant experts en investissement.

Souvent lors de ce type de stratagème, le fraudeur tente par tous les moyens de vous solliciter en prétendant être un représentant inscrit ou un expert en investissement. Il peut, par exemple, vous faire miroiter un « investissement » à ne pas manquer ou vous proposer un prêt à taux avantageux, profitant ainsi de l’occasion pour vous demander vos renseignements personnels et de l’argent pour « ouvrir le dossier ». Dès l’obtention de ce qu’il désire, le fraudeur disparaitra.

Benoît et la fausse représentante

Depuis quelques années, Benoît rêve d’un long voyage à vélo. Il pensait pouvoir se l’offrir au printemps, mais des dépenses imprévues pour sa maison compromettent son projet. Alors qu’il cherche une solution simple pour s'en sortir, sans revoir tout son budget, il reçoit un texto d’une certaine « Jeanne » qui dit vouloir lui parler d’une offre d’investissement « à ne pas manquer ».

Un message qui paraît officiel

Le message est professionnel et rédigé avec soin. « Jeanne » lui propose un placement « à rendement élevé, sans risque » et se dit disponible pour répondre à ses questions. Elle l’invite même à lui répondre rapidement pour « ne pas manquer cette occasion ». Cette disponibilité, dès les premiers échanges, contribue à créer un climat de confiance.

Avant d’aller plus loin, Benoît fait ce qu’il juge prudent : il vérifie le nom mentionné au registre de l’AMF. La professionnelle existe réellement, avec le titre indiqué. Cette concordance le rassure, surtout à un moment où il cherche une solution rapide pour alléger sa situation financière.

Dans leurs échanges de textos, « Jeanne » se montre chaleureuse, convaincante et réactive. Elle envoie un lien vers un site très crédible. L’ensemble est soigné, avec un logo familier, des informations légales et un espace transactionnel bien présenté. Tout semble cohérent. Benoît se dit qu’il tient peut être une façon de préserver son projet de voyage sans devoir revoir son budget de fond en comble.

La crédibilité empruntée

Guidé étape par étape, Benoît effectue un premier transfert pour ouvrir son dossier. Une confirmation arrive presque aussitôt, avec un numéro de dossier, les détails du placement et une signature professionnelle. Tout correspond à ce qu’il a vérifié. Rassuré, il envoie un second montant quelques jours plus tard. Benoît s’imagine déjà sur son vélo, profitant pleinement du voyage qu’il croyait devoir reporter.

Ce qu’il ignore, c’est que la fraude repose sur une imitation méticuleuse :

  • un vrai nom, puisé dans le registre de l’AMF;
  • de fausses coordonnées, insérées dans les messages et sur le site;
  • un site transactionnel qui est la copie presque parfaite d’un site légitime;
  • un numéro de téléphone usurpé;
  • une adresse courriel qui reproduit l’allure d’une adresse professionnelle.

Tout a été conçu pour emprunter la crédibilité d’une vraie professionnelle… sans jamais en être une.

Quand la vérité apparaît trop tard

Lorsque Benoît demande un relevé détaillé, « Jeanne » devient soudain évasive, puis cesse complètement de répondre. Le site refuse sa connexion. Inquiet, il refait ses vérifications, mais cette fois en cherchant les coordonnées de la professionnelle.

Il découvre alors les véritables informations concernant Jeanne. Ses coordonnées n’ont rien à voir avec celles qu’il a utilisées jusque-là. En appelant au numéro indiqué, la vraie représentante lui apprend qu’elle n’a jamais communiqué avec lui et que son identité est utilisée dans une fraude active.

Le choc est brutal. Benoît pense à ses rénovations, à son voyage reporté et à la confiance qu’il avait accordée. Il ressent un mélange d’incompréhension, de colère et de regret. La vraie Jeanne lui assure qu’il ne doit pas s’en vouloir. La fraude imitait parfaitement l’apparence d’un échange authentique. Elle lui rappelle qu’un professionnel du milieu financier ne fait jamais de prospection par texto, ne promet jamais de rendements élevés sans risque, ni d’agir dans l’urgence.

À l’avenir, Benoît prendra l’habitude de vérifier les coordonnées officielles à la source et de valider les informations auprès de plusieurs ressources fiables.

Trucs et astuces pour se protéger

Peu importe le moyen de communication utilisé par le fraudeur, vous avez toujours la possibilité d’ignorer une prise de contact non sollicitée. Si vous recevez un appel, vous pouvez également dire à la personne que vous allez la rappeler. Si c’est ce que vous comptez réellement faire, utilisez le numéro inscrit au registre de l’AMF et non celui qu’elle vous a donné.

Ne divulguez jamais de renseignements personnels ou n’envoyez jamais d’argent avant d’avoir vérifié que l’individu qui vous a contacté est bel et bien inscrit au Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer. De plus, utilisez toujours les coordonnées se trouvant au registre. Vous pourrez ainsi vérifier l’identité de la personne qui a communiqué avec vous. En cas de doute, contactez notre centre d’information.

Lorsqu'on vous sollicite, prenez le temps de réfléchir : ne vous laissez pas séduire par des promesses de rendements élevés sans risque et méfiez-vous des opportunités proposées dans l’urgence.

Que faire en cas de fraude

Gardez en tête qu’être victime d’une fraude peut arriver à n’importe qui, ne vous culpabilisez pas. Les fraudeurs qui s’approprient les informations d’un vrai conseiller pour augmenter leur crédibilité sont habiles pour tromper leur victime.

  • Consultez la page Victime d’une fraude pour savoir quoi faire et contactez l’AMF si la fraude implique de soi-disant placements.
  • Vous devez également couper tout contact avec la ou les personnes impliquées et cesser tout envoi d’argent.

Méfiez-vous : les fraudeurs ciblent souvent leurs victimes plus d’une fois. Ils peuvent vous recontacter en se faisant passer pour un avocat, une institution financière ou une entreprise spécialisée en fraudes financières pour vous proposer de retrouver votre argent.